Au Rwanda l'envoi de SMS permet de sauver des nourrissons



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Le Rwanda c’est le pays aux mille collines, c’est un pays essentiellement rural et le réseau de communication classique ne fonctionne pas très bien, par contre le réseau de téléphonie mobile est assez efficace. Au Rwanda le taux de mortalité infantile jusqu’à l’âge de un an était de 31 % en 2015 c’est énorme et pour le réduire le ministère de la santé rwandais a décidé d’y remédier. Les envois groupés de SMS viennent au secours des 45 000 agents de santé communautaires qui se déplacent à domicile pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge.
Avec l'aide de l'Unicef ces 45.000 agents de santé communautaires ont été formés par le gouvernement. ; il s'agit de volontaires (des hommes et des femmes), sachant au minimum lire et écrire, élus par les habitants de leur village.


Le programme « RapidSMS » qui a été mis en place en 2012 permet d'assurer le suivi médical des femmes enceintes et de leurs bébés qui vivent dans des localités écartées du Rwanda. Ce programme qui vise à réduire la mortalité infantile et à prévenir les fausses couches a été mis en place à l'initiative du ministère rwandais de la Santé. L’idée est de les répertorier puis d’organiser pour chacune d’entre elles un calendrier de consultations prénatale pour leur assurer une grossesse paisible, ce système permet aussi d’identifier les grossesses à risques et d’organiser ainsi un suivi spécialisé. Ces informations sont consignées dans une base de données dédiée. Ce système permet de sensibiliser aux risques encourus les femmes enceintes, en particulier celles qui ont déjà fait des fausses couches, on les invite à se rendre dans la structure de santé la plus proche à la moindre anomalie, le nombre de décès lors de l’accouchement a été ainsi fortement réduit.


Le rôle de ces agents communautaires de santé consiste à envoyer un code par SMS pour tenir une sorte de registre des femmes enceintes ; « P.R.E. »  signifie par exemple que la grossesse a été confirmée par un centre de santé ; « N.P. » qu'il n'y a pas de problème (« no problem ») pour la maman et pour l’enfant. Grâce à ce système, les grossesses dites « à risques » sont plus facilement et plus rapidement repérées et cela permet de mettre en place un suivi particulier.  Une fois le SMS envoyé, Mme X. est enregistrée dans la base de données qui génère automatiquement une date pour sa prochaine consultation prénatale. Juste avant ce rendez-vous, un SMS de rappel sera envoyé sur le portable de l'agent référent, qui se chargera alors de contacter Mme. X.
En cas de complication un SMS dit « alerte rouge » est envoyé par l'agent de santé à la structure médicale la plus proche, la plus à même de déterminer s'il y a lieu de faire se déplacer la femme enceinte ou pas.
Depuis sa création, « RapidSMS » aurait, d'après ses responsables, permis de sauver de nombreuses vies.