Un ours en approche, vite un SMS!



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Au début du XX° siècle il y avait 150 ours qui vivaient dans les Hautes Pyrénées, aujourd’hui il n’en reste qu’une population d’une quarantaine qui grâce au plan de réintroduction devrait atteindre les 50. Mais les ours sont des prédateurs et d’après les éleveurs il y aurait eu en 2017 162 attaques d’ours contre des brebis.
Depuis quelques années les pros et les antis ours se livrent à une guerre sans relâche. Entre les tenants d’un renforcement de la population d’ours pour des motifs écologiques et les éleveurs de brebis le dialogue est devenu impossible et on n’est pas loin d’en venir aux mains ou pire !
Afin de pouvoir réagir à temps devant une attaque d’ours les éleveurs devaient jusqu’à présent aller sur le site internet de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) pour chercher la dernière position connue de l’ours.


Mais à partir du mois de juin tout devrait devenir plus simple pour les éleveurs. En effet la préfecture des Hautes Pyrénées a mis en place un dispositif très réactif, lors de la présence d’un ours dangereux dans leur zone les éleveurs recevront un SMS d’alerte. Il est facile de savoir où sont les ours car ils sont équipés de puces électroniques. Un système similaire existe déjà pour les loups, les brebis sont équipées de colliers et si elles s’affolent à cause de la présence du loup le collier envoie un SMS d’alerte au berger qui peut ainsi agir pour éloigner l’intrus et protéger le troupeau.
La moindre empreinte, la moindre trace, la moindre déjection d’ours sera communiquée dans un envoi groupé de SMS aux éleveurs concernés.


Ce sont les attaques répétées de l’ours Goïat qui ont provoqué la mise en place de ces envois groupés de SMS. Les agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) ont constaté des traces de la présence de l’ours.
Il faut dire que ces attaques ont eu lieu près des habitations et la préfecture des Hautes Pyrénées a décidé d’engager une action dite « de conditionnement aversif » s’inscrivant dans le cadre du protocole "Ours à problèmes".
Que prévoit de protocole ? Il prévoit de déclencher des tirs d’effarouchement afin d’empêcher l’ours de revenir. Le protocole a été testé pendant 3 nuits d’affilée sur une exploitation et il a bien fonctionné c’est à dire que l’ours n’est pas revenu.


Le préfet pensant à étendre ce protocole à toutes les Hautes Pyrénées a consulté le conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CRSPN) et il a lancé une consultation publique. Mais les associations de CAP Ours (Coordination associative pyrénéenne pour l’Ours) ne sont pas d’accord et elles invitent la population en faveur de l’ours à se manifester et à voter contre ce protocole. CAP Ours reproche aux autorités d’effrayer les ours plutôt que de favoriser la cohabitation.


Donc les pros et anti ours, les tenants de l’écologie et les éleveurs n’ont pas fini de manifester leurs opinions diamétralement opposées.